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Treepedia, l’outil qui analyse la couverture végétale des métropoles

Des chercheurs du MIT Senseable City Lab viennent de lancer une plateforme qui utilise les données de Google Street View pour mesurer et comparer la couverture végétale de nos villes à travers le monde. Novatrice, la plateforme nommée Treepedia permet aux citoyens de s’engager pour aider à améliorer la couverture végétale de leur quartier.

Avec un Green View Index à 8,8%, est l’une des capitales les moins vertes d’Europe / © Senseable Trees – MIT

La plateforme créée en collaboration avec le World Economic Forum, est un outil interactif qui permet de localiser les arbres d’une ville et de découvrir la dimension de la couverture végétale qu’ils procurent. Le constat de l’importance de cette végétale dans l’écosystème des villes a poussé les chercheurs à réfléchir, non pas uniquement au référencement et à l’analyse spatiale, mais à l’intégration des citoyens au travers de leur participation. En effet, la plateforme permet aussi de faire valoir sa volonté d’introduire plus d’arbres sur une zone spécifique, dans son quartier par exemple.

La ville du est inconcevable sans une intégration plus importante de espèces végétales qui ont un rôle essentiel dans l’amélioration de la qualité urbaine :
– Régulation des températures et la lutte contre les ilots de chaleur urbain ;
– Réduction du et de la automobile ;
– Réserve de biodiversité végétale et animale ;
– Amélioration du cadre de vie et du bien-être.

La plateforme fonctionne sur la base d’un système de mesure innovant appelé le « Green View Index » qui utilise les panoramas de Google Street View pour évaluer la couverture végétale. A travers la modélisation de cette couverture au sein des villes, les citoyens, les chercheurs et les urbanistes peuvent constater le contraste spatial entre les espaces végétalisés et les espaces totalement minéraux. La comparaison entre les villes et aussi possible.

Le « Green View Index » est extrait d’une modélisation des panoramas de Google Street View pour évaluer la couverture végétale. / © Senseable Trees – MIT

« De nombreuses villes font désormais face à une augmentation des niveaux moyens de température et à des pics de chaleurs importants. Les pics de pollutions sont de plus en plus fréquents, ce qui est très préoccupant. La vitalité des couvertures végétales au sein des villes n’a jamais été aussi indispensable ! déclare Carlo Ratti, le directeur du Sense City Lab. Nous présentons ici un outil d’analyse pour comparer les villes entre elles et pour encourager les autorités locales et les citoyens à agir pour protéger et améliorer la canopée de leur ville. »

Initialement lancé sur 10 grandes ville, Treepedia devrait pouvoir s’appliquer à plus de ville à travers le monde. A l’avenir, les utilisateurs pourront ajouter chaque arbre au sein d’une carte open-source, et s’engager dans des négociations pour la plantation de plus d’arbres dans certaines zones.

L’accès à la Treepedia, la plateforme de modélisation de la couverture végétale des villes, c’est par ici.

Paris fait figure de bonne dernière suite à l’analyse comparative de plusieurs villes dans le monde. Avec un Green View Index de 8,8%, c’est la ville la moins végétalisée. Londres et tournent autour de 13%, quant aux voisines et Francfort, elles dépassent allègrement les 21%. L’une des raisons est peut-être la densité urbaine de Paris, qui figure dans le top 3 des villes les plus denses du monde, derrière Manille (Philippines) et (Inde), mais cela n’excuse pas tout. Grace à ce nouvel outil de comparaison, Paris va-t-elle mettre en œuvre tous les moyens pour améliorer son Green View Index ?

Au niveau de l’ouverture des données, Paris donne tout de même accès aux données sur ses arbres depuis 2014.
En effet, une base de données disponible en ligne répertorie chaque sujet des près de 200 000 spécimens présents dans la capitale. C’est le service de l’Arbre et des Bois de la Mairie de Paris qui nécessite – à la vue de l’ampleur de la tâche –  de connaître chaque spécimen pour son entretien régulier.

Localisation d’un spécimen de Sophora Japonica d’environ 10m pour 60m de circonférence proche du canal Saint Martin / © opendata.paris.fr

Grâce au service Open Data de la Ville de Paris, découvrez l’identité des arbres que vous croisez chaque jour. Ces données sont disponibles depuis 2014 sur le portail Open Data de la Ville de Paris. Chaque arbre possède sa fiche : nom de l’essence, date de plantation, dimensions, localisation géo référencée.
Malheureusement, il n’est pas possible de faire valoir sa volonté d’amélioration à travers ce catalogue de données. C’est néanmoins possible en contactant vos locaux et en montant des comités de quartier ou des associations.

Modélisation des volumes d’arbres par années de plantation à Paris / © opendata.paris.fr

Certains n’attendent pas une réaction des pouvoirs publics pour agir, c’est le mouvement de Guérilla Gardening en pleine expansion partout dans le monde, avec de nombreux groupes constitués en France. Creuser le bitume, protéger chaque petit espace de terre et semer des graines partout ou cela est possible sont leurs armes de prédilection.

Autre data (pour paraître plus malin au prochain repas de famille) au niveau national cette fois : la carte de France des Arbres Remarquables labellisés par les labels de l’association A.R.B.R.E.S. Y-a-t-il un arbre exceptionnel près de chez vous ? Seriez-vous partant pour un tour de France en bicyclette des arbres remarquables ? Vous avez en tête de faire un selfie avec chaque individu vieux de plusieurs centaines d’années ? Cette carte est faite pour vous.

Catégorie:Magazine, Urbanisme
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L'auteur
Arthur Groot

Rédacteur Urbanews.fr / Ingénieur-Urbaniste et Programmiste. "Je milite pour une perception plus humaine de nos villes ; ce sont les détails qui font l'urbanité."

2 Commentaires

  • 18 mai 2017 à 11:32

    J’ai l’impression que les « véritables » espaces verts ne sont pas pris en compte, du moins sur Paris.

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    • 19 mai 2017 à 09:07
      Valrob

      Ils traitent des données google street view donc oui

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