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Smelly Maps : une cartographie des odeurs de nos villes

Quels sont les lieux de votre ville qui ne sentent pas bon ? Où sont les rues où l’on peut renifler des odeurs de pain chaud, de poisson, ou d’urine de chat ?

En 2013 déjà, nous évoquions sur UrbaNews.fr, les travaux de Kate McLean, designer et photographe anglaise, qui à l’aide des habitants, avait pu cartographier une centaine d’odeurs urbaines dans les villes d’Edimbourg et de Glasgow.

Aujourd’hui, c’est une équipe de l’Université de Cambridge, dirigée par Daniele Quercia, qui s’est donnée pour mission d’analyser et de cartographier les odeurs de nos villes. Celles-ci ont en effet de multiples senteurs, il est donc très facile d’associer certains lieux, à des impressions olfactives bien particulières. Pour lancer leur projet, baptisée Smelly Maps, les scientifiques ont organisé des promenades olfactives avec des volontaires locaux en leur demandant d’identifier le parfum des rues de sept grandes métropoles à travers le monde: Amsterdam, Pampelune, Édimbourg, Glasgow, Newport, New York et … Essence, égout, poubelles et arômes divers émanant des commerces ou des jardins publics…

En se basant sur cette identification des parfums, les quatre scientifiques ont élaboré une sorte de dictionnaire des sensations olfactives urbaines, recensant près de 285 mots. A l’aide de leur dictionnaire, les chercheurs ont ensuite décidé de cartographier Londres et en étudiant plus d’un demi-million de photos sur Flickr, 36 000 autres postées sur Instagram et 113 000 Tweets, grâce aux tags géolocalisés et aux mots-clefs associés aux images. Une étape finale aboutissant à la constitution de plusieurs représentations olfactives des deux villes.

L’analyse des cartographies n’apporte pas vraiment d’éléments inédits, ainsi les odeurs de carburant suivent les axes de circulation, alors que les odeurs relatives à la nature sont concentrées dans les parcs.

Toutefois, cette expérience demeure intéressante, puisqu’elle démontre une nouvelle fois que l’analyse des nombreuses données produites par les réseaux sociaux via leur géolocalisation, permet d’identifier certains paramètres du fonctionnement d’une grande métropole. Ces nouvelles connaissances peuvent permettre d’appréhender différemment l’espace urbain, voire d’identifier et de résoudre des nouvelles problématiques insoupçonnées…

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À propos Edouard Malsch

Urbaniste, Géographe, Co-Fondateur & Community Manager pour UrbaNews.fr.