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Proposition Splitvision

Stockholm : un gazomètre du 19ème siècle reconverti en data center high-tech

Cet article est la version française de celui originellement publié en anglais sur le blog de Pingdom concernant la possibilité de transformer un réservoir à gaz – un gazomètre – datant de 1893 en data center ultramoderne.

On reconnait facilement que le texte est un peu plus geek-oriented que d’habitude, mais les images concernant les deux propositions architecturales illustrent à merveille ce que l’on disait il y a peu sur la reconfiguration de la ville avec l’avènement de la « société des données ». Sans compter que l’économie globale du projet s’appuie en partie sur la création d’un réseau de chaleur local.

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La société suédoise Bahnhof a présenté deux propositions pour transformer un gazomètre du 19ème siècle en un data center high-tech à même de traverser le 21ème siècle. Si ces projets se concrétisent, le nouveau data center sera sans doute l’un des plus cool de la planète.

En plus d’être « über » cool, ce projet de data center aurait aussi une autre dimension, tout aussi intéressante : une utilisation intelligente de l’importante quantité de chaleur générée par les serveurs.

Et comme Bahnhof a pris part à la conception d’un data center digne du plus connecté des adversaires de James Bond il y a quelques années, il y a toutes les chances que cette proposition devienne réalité.

Le gazomètre

Les origines du gazomètre

Un gazomètre est tout simplement un grand récipient dans lequel différents types de gaz peuvent être stockés. Dans le cas présent, le gazomètre avait pour but de stocker du gaz de houille. Il est situé à Stockholm, en Suède, et il est entré en service en 1893.

Le gazomètre vers 1908-1910

L’usine de charbon vers 1908/1910. Le gazomètre est visible en arrière plan (grand bâtiment cylindrique au milieu). Crédits photo : Stockholmskällan

Le gazomètre aujourd’hui

Différents types de gaz sont encore stockés dans l’usine, mais le gazomètre est plus utilisé depuis les années 1960. Son avenir n’a pas encore été décidé par la ville de Stockholm, propriétaire du bâtiment : il y a plusieurs options possibles, et créer un data center en est une.

Quelques chiffres et dates

  • L’ancien gazomètre a été conçu par l’architecte Ferdinand Boberg, qui a également conçu de nombreux autres bâtiments en Suède. En 1893, le roi de Suède et d’autres membres de la bourgeoisie de Stockholm ont assisté à la cérémonie d’ouverture.
  • Le gazomètre pouvait contenir jusqu’à 38 000 mètres cubes de gaz et a été utilisé de 1893 à 1960.
  • Le data center envisagé aura une capacité de 35 MW.
  • Le data center sera branché sur le point d’échange Internet (IXP) de Stockholm via une connexion de 100 Gbps.

Projets

Il y a deux projets différents, proposée par deux agences d’architecture différentes.

Les deux projets incluent des espaces publics, selon le souhait de la ville de Stockholm. L’idée est que même si le bâtiment devient un data center, le public puissent toujours être être en mesure d’accéder à l’ancien bâtiment.

La proposition Albert France-Lanord

La proposition Splitvision

Ok, mais est-ce rentable ?

Bien que ce soit un projet spectaculaire, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur les aspects financiers de ce data center / gazomètre. Par conséquent, nous [Pingdom] avons interrogé Jon Karlung, le PDG de Bahnhof, pour obtenir quelques éclaircissements sur ses motivations.

Nous [Pingdom] lui avons demandé s’il y avait un prix à payer pour un tel data center. Selon Jon Karlung, c’est en fait l’inverse : les projets de réaménagement du gazomètre sont plus rentables que la construction d’un nouveau data center, notamment du fait de la réutilisation de bâtiments existants au lieu d’en construire de nouveaux.

Mais la principale économie à le long terme réside dans une nouvelle possibilité de refroidissement. Pour ce data center, Bahnhof propose de travailler en coopération avec une société d’énergie qui utilisera la chaleur générée par les serveurs pour alimenter un réseau locale de chaleur à Stockholm.

Ainsi, alors que Google est en train de choisir le nord de la Finlande et Facebook le nord de la Suède pour leurs prochains data centers européens, Bahnhof a choisi un lieu central dans Stockholm. En effet, pour alimenter ce réseau local de chaleur et ainsi recycler et valoriser la chaleur produite par l’ensemble des serveurs, le data center doit se situer à proximité immédiate d’une ville avec une population assez importante et les infrastructures nécessaires. Selon Jon Karlung, ce n’est le cas pour l’Europe du Nord qu’à Göteborg et Stockholm, les deux plus grandes villes de Suède.

Bientôt plus de data centers cool ?

Nous [Pingdom] pensons que vous serez d’accord avec nous [Pingdom] que ce projet représente une combinaison unique d’architecture industrielle ancienne et de haute technologie moderne.

Comme vous avez pu le découvrir, nous [Pingdom] aimons ce genre de projets. Il y a déjà beaucoup trop de data centers ordinaires et ennuyeux. Donc, si vous connaissez des data centers qui sorte de l’ordinaire, n’hésitez pas à nous [Pingdom] le faire savoir.

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L'auteur
Patrick Guyennon

Webmaster d'UrbaNews.fr. Fondateur et curateur de la Revue de Presse UrbaNews.fr. Associé-fondateur et co-gérant d'ATYC. Diplômé de Master 1 en Urbanisme et Aménagement (IUL, UdM). Diplômé de premier cycle en architecture (ENSA Lyon).

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