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Not so big : la philosophie mesurée d’un habitat périurbain renouvelé

Vivre dans le est souvent synonyme d’espace et de nature. Imaginez un pavillon au milieu d’une parcelle de verdure, ça vous tente ? Rien de surprenant, 82 % des Français aspirent au même cadre bucolique.

Vous êtes en couple mais n’avez pas encore d’enfants ? Vous êtes retraités et vos enfants ont quitté le foyer familial ? Ils vous ont piqué vos clés de voitures ? Le périurbain n’est sûrement pas (ou plus) fait pour vous. En tout cas pas avant que la philosophie « Not so big » soit passée par là.

La philosophie « Not so big » développée par Sarah Susanka se base sur une niche d’innovation du marché périurbain. Assez tôt, discrète mais prometteuse, l’architecte Britannique émigrée aux Etats-Unis se rend compte qu’une grande partie des gens qui vivent dans les banlieues n’utilisent pas l’intégralité de leur . De nombreux espaces, paradoxalement considérés comme des lieux de socialisation, ne sont utilisés que quelques jours dans l’année. Basée sur sa propre expérience, elle réalise que ce qu’il manque aux pavillons est un sentiment bien particulier, LE sentiment qui fait que l’on se sent chez soi.

Sarah Susanka se met alors à chercher les éléments qui lui permettent de se sentir réellement chez elle lorsqu’elle est chez elle. Cette dernière trouvera les réponses sur un bateau à voile ! Un petit bateau est à ses yeux bien plus confortable qu’une grande maison mal dessinée.

Son premier baroud s’élève contre les majors de l’ commercialisant des produits qui correspondent de moins en moins aux goûts des gens. Elle qualifie les « McMansions », ces immenses pavillons périurbains, d’insipides, impersonnels et bruyants. Ainsi, Susanka propose de diviser par 3 la surface habitable, d’optimiser l’espace et d’investir les économies dans des technologies vertes. C’est à partir de là qu’elle propose un nouveau concept pour une architecture revisitée. L’attention se focalise sur ce que Susanka appelle le confort informel et l’efficacité, le tout se générant grâce à des jeux de volumes.

Des maisons trop grandes !

La taille et les distances sont en effet quelques uns des enjeux de nos espaces périurbains, à l’origine en partis inspirés du modèle nord-américain. L’étude Bimby lancée en depuis 2010 l’évoque et propose également de repenser la taille de nos foyers dans le but d’aligner le périurbain sur un nouveau segment du marché de l’immobilier aujourd’hui absent.

Bimby l’a pensé, Susanka l’a fait. Le projet « Not so Big » a réellement pris de l’ampleur lorsque le chargé d’ de la commune de Lybertyville dans l’Illinois a accepté de mettre une maison-témoin de Susanka en visite libre sur un projet de reconfiguration urbaine. Un véritable succès que Susanka partage largement avec le projet du quartier environnant. Elle explique que ce quartier a pris une forme beaucoup plus agréable, il y avait moins de parking et des trottoirs ombragés… Une combinaison intérieure/extérieure accentuant le sentiment après lequel on court et décrit précédemment par Susanka – à savoir le fait que l’on se sent chez soi.

Si Susanka résume sa philosophie en quelques mots : « better, not bigger » (meilleur, pas plus grand), on comprend à travers ses multiples projets et ouvrages best-seller une philosophie prônant une conception plus modérée de la vie. Favoriser la qualité à la quantité rejoint l’idée défendue par les New Urbanist ; celle de ménager son pour lui donner du sens, voire une identité.

Des maisons plus petites et un environnement périurbain qui tiennent plus du cocon ou de l’écrin, voici de quoi nous laisser rêveurs pour l’été !

À propos Rémy Vigneron

Titulaire d'un master d'urbanisme (IUG),actuellement en thèse d'architecture sur la figure du périurbain durable.

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