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Et le piéton dans tout ça ?

Pour peu que vous vous intéressiez au développement territorial, à l’aménagement urbain et plus généralement à l’urbanisme, un sujet demeure récurrent : les déplacements. A ce sujet, les prises de bec entre automobilistes et cyclistes sont légion sur les réseaux sociaux, le plus souvent dans un dialogue de sourds où les uns n’ont pas complètement raison et les autres pas tout à fait tort. Chacun allant jusqu’à s’auto-définir par son mode de transport quotidien, brandi comme une identité à part entière.

Mais dans ces débats sur le partage de l’espace public, une catégorie de déplacement, pourtant primaire et primordial, est souvent oubliée : les déplacements piétons. Que ce soit dans les discussions de soirées (cf, pour quoi c’est cool d’être urbaniste en soirée ?), de comptoirs et même techniques, le piéton est bien souvent le dernier à qui l’on pense, quand on y pense. Sa part d’espace public ou de trottoir sert bien trop souvent de variable d’ajustement pour contenter ses acolytes cyclistes et automobilistes, le minimum que la réglementation PMR impose lui est tout de même octroyé (non sans avoir vérifié si des dérogations existent).

Cet espace est considéré comme appropriable par les autres usages. Les poubelles, les trottinettes, les long-boards et parfois même les deux-roues (motorisés ou non) envahissent les circulations piétonnes, sans citer les voitures qui s’y garent (seulement pour 2 minutes).

Le piéton s’écarte du chemin, pas les autres.

Même dans les imaginaires de déplacements, le temps de trajet en voiture est toujours minimisé – nous avons tous cet ami qui dit habiter à 10 minutes en voiture mais nous mettons toujours 20 minutes pour y arriver même sans circulation – et celui à pied exagéré, sauf quand il s’agit de vendre une maison où tout, comme par magie, se trouve à 5 minutes à pied. Le piéton doit également apprendre la patience pour passer au feu tricolore, attendre que le petit bonhomme rouge devienne vert pour ensuite se dépêcher de traverser car le temps qui lui est « offert » a également été minimisé pour ne pas gêner le trafic routier.

58% des trajets domicile-travail de moins de 1km se font en voiture (cf Weelz), soit un trajet à pied d’une demi-heure aller-retour, soit exactement le temps de marche recommandé par jour pour être en bonne santé. Il y a donc une réelle marge de manœuvre pour le développement massif de la marche. Certaines collectivités commencent à se préoccuper du sujet car la tendance serait à la diminution de la part modale de la marche, notamment chez les jeunes adultes, soit au profit de l’automobile soit au profit de transports alternatifs (trottinettes, planches à roulettes, etc).

Pourtant la marche a plusieurs avantages majeurs : elle est gratuite, non-polluante et permet de (re)découvrir sa ville. On peut également téléphoner, manger sans perdre de points ou augmenter ses chances d’avoir un accident.

Même si le terme est désormais galvaudé à cause du parti politique au pouvoir : marchez !

Catégorie:Transports
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L'auteur
Pierre Tardy

Rédacteur pour Urbanews.fr & chargé de mission à la MEL. Diplômé de l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de Lille (IAUL).

1 Discussion

  • 26 juin 2018 à 08:27
    Alexis

    Ah merci de rappeler que le piéton est peut être le premier usager de l’espace public, et pourtant le grand oublié des aménagements à l’oeuvre, dans un débat totalement vampirisé par le vélo (la bagnole n’ayant pas besoin de se faire entendre, elle a toujours toute sa place et même plus…) !

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