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Pastoralisme Urbain - Les Berges Urbains - Photo Guillaume Leterrier

Des moutons dans la ville !

Un peu partout à la campagne, en zone périurbaine ou en pleine ville, les techniques de pastoralisme urbain font leur grand retour. Que ce soit au profit d’entreprises privés, de collectivités ou de particuliers, l’entretien des espaces paysagers via des troupeaux de caprins, ovins, équins ou autres bovins semble effectivement faire de plus en plus d’adeptes.

Si le terme de « pastoralisme » renvoie plutôt à une pratique ancestrale et à un mode d’exploitation agricole fondé sur l’élevage extensif, sa « déclinaison contemporaine et urbaine » se manifeste tout d’abord par une modification des pratiques de gestion de l’espace. Il s’agit en effet de privilégier un mode d’entretien durable, contribuant à la préservation de la biodiversité.

On évoque alors une gestion différenciée qui consiste à ne pas appliquer à tous les espaces la même intensité ni la même nature d’intervention. Il a notamment été démontré qu’il était écologiquement non pertinent de tondre systématiquement et régulièrement toutes les surfaces enherbées. Cette tonte systématique conduisant  à n’obtenir qu’une même pelouse rase, plutôt banale, très appauvrie en biodiversité, ne développant que peu d’intérêt écologique, et peu utile pour la faune, hormis pour quelques espèces invasives…

C’est dans le cadre de cette alternative à la gestion banalisée et banalisante des espaces verts que nos amis les moutons font effectivement leur grand retour en Ville ! Très concrètement, des petits troupeaux d’animaux rustiques – choisis pour leur résistante et leur adaptation facile à tous types de terrains – sont constitués pour brouter à la place des tondeuses et autres débroussailleuses.

Un retour bienvenu dont les bénéfices sont nombreux : outre la tonte, les bêtes rendent la terre plus fertile. Le broyage des végétaux est également évité, ce qui permet de sauvegarder les habitats d’insectes et de petits animaux. Que dire de l’impact environnemental quasi nul d’une telle méthode de gestion. (Réduction des émissions, aucun déchet, aucun traitement etc.) Reste tout de même à intégrer les coûts concernant l’achat et le transport des bêtes ainsi que d’éventuelles visites chez le vétérinaire. Il faut enfin prendre en compte le temps nécessaire à la tonte, nos amis les moutons n’étant pas encore aussi efficace que les tondeuses.

Malgré ces coûts, le pastoralisme urbain semble proposer une alternative crédible pour les propriétaires publics ou privés n’ayant plus les moyens d’entretenir d’immense sites, ou d’autres terrains difficiles d’accès pour l’homme, attenant par exemple à des monuments historiques (remparts, citadelles, douves, châteaux etc.).

Depuis une dizaine d’années, de nombreuses villes françaises utilisent des ruminants pour tondre une partie de leurs espaces verts. A Lyon, Lille, Calais ou Rennes des brebis, agneaux, chèvres tondent et débroussaillent des pelouses, prairies ou friches. En Seine-Saint-Denis, les 67 brebis de la coopérative Les Bergers urbains multiplient les transhumances urbaines. Depuis 2 ans la Ville de Grenoble a également troqué ses tondeuses contre des moutons pour entretenir les pentes de la Bastille…

En replaçant la nature au cœur de la ville, l’arrivée des animaux agit également comme un outil affectif de sensibilisation à l’environnement. Source de bien-être pour les citadins, leur présence permet également de recréer du lien entre les individus.

Et vous que pensez-vous de cette invasion ovine en ville ?

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L'auteur
Edouard Malsch

Urbaniste, Géographe, Co-Fondateur & Community Manager pour UrbaNews.fr.

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