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Le Tour de France à la rescousse de l’urbanisme

Ascension du Col du Galibier sur le Tour 2008

Chaque année un évènement ne laisse pas la France insensible : le Tour de France. Il a débuté le 2 juillet dernier et se terminera le 24 juillet sur les Champs-Élysées. Que l’on soit passionné, sceptique ou indifférent vis-à-vis du classement général de l’épreuve, cette manifestation sportive a un atout non négligeable, elle nous fait découvrir la France.

Carlos Sastre (maillot jaune) sur les Champs-Elysées

La ruralité française est particulièrement mise en avant grâce aux très nombreuses caméras (embarquées, fixes, moto, voiture, hélico,…) qui couvrent l’évènement. Les paysages de nos campagnes sont sublimés, les panoramiques nous subjuguent. Toutes ces forêts, ces villages et ces routes qui s’offrent à nos yeux et nous rendent fiers d’avoir un pays accueillant tant de milieux naturels différents. Le monde rural dispose ici d’une vitrine exceptionnelle pour sensibiliser le grand public à la protection de son environnement et de ses spécificités.

Pourtant la pression immobilière grandissante menace petit à petit ce mode de vie, ce type d’urbanisme, ayant des caractéristiques différentes selon la région, laissant place à une urbanisation homogène dans sa forme sur tout ces territoires. Le Tour de France permet cette sensibilisation aux menaces que peuvent subir notre urbanisme et nos paysages.

Le Tour de France pourrait encore plus s’investir, tout au long de l’année, dans la promotion des déplacements à vélo et il devrait jouer un rôle majeur dans le développement de la mobilité douce, promouvant le vélo avant tout comme un moyen de transport avant d’être un sport.

Moi j’aime regarder le Tour de France (quand je le peux) pour découvrir ces régions que je ne connais pas ou peu, pour écouter « Paulo la science » (Jean-Paul Ollivier) me faire découvrir le patrimoine architectural et paysager français, pour admirer ces images aériennes de nos grandes villes,…

Convaincu que vous ne contesterez pas la beauté des paysages parcourus, je me pose des questions : le Tour (pour les intimes) sera-t-il aussi beau si nous laissons une urbanisation anarchique se répandre sur nos campagnes ? Le maillot jaune traversant des lotissements monotones – en prenant soin d’éviter les monospaces des familles nombreuses qui ont été contraintes de quitter les villes à cause des prix de l’immobilier – vous fera-t-il autant rêver ? Une arrivée au sprint entre deux parkings dans une zone commerciale vous plairait-elle ?

Si le Tour de France peut nous aider à avoir une urbanisation respectueuse de notre territoire, tout en prenant en compte l’identité propre de chaque région ; si l’usage du vélo en ville peut se développer grâce à lui ; alors le Tour aura gagné une bataille pour laquelle les urbanistes peinent à trouver des alliés.

L’impact immense que le Tour a sur la population servirait à rassembler un nombre important de personnes ayant cette même volonté : un développement de nos territoires en harmonie avec leurs milieux naturels et culturels.

Je vous invite à prendre la zapette et à admirer nos villes et nos campagnes (vous pouvez également vous intéresser à la course).

Pour clôturer ce billet je citerai Gérard Holtz : « Vive le Tour ! ».

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