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WikiHouse ou la démocratisation de la production architecturale

Projet innovant et non moins singulier, Alastair Parvin rejoint en 2011 le réseau des wiki, ces initiatives open-source destinées à partager et contribuer librement à l’élaboration d’un projet virtuel ou non.

Fin 2008, début 2009, en plein cœur de la crise économique, le marché de l’emploi de l’ est au plus bas alors que l’on n’a jamais eu autant besoin de l’ et du design. « C’est le paradoxe de l’ qui ne s’adresse aujourd’hui qu’à la part la plus riche de la population mondiale » explique Parvin dans son TedTalk du 23 mai dernier.

Face à ce constat Alastair Parvin cherche à repenser les stratégies commerciales de l’architecture et s’appuie sur trois idées clés pour lancer WikiHouse, un système de construction en open-source.

Le but du projet est de distribuer massivement des capacités de construction à l’ensemble de la population en s’appuyant sur l’open-source et les technologies émergentes, notamment les imprimantes 3D et les CNC (machines permettant de reproduire des modèles en contre-plaqués). Ce moyen révolutionnaire de partage et de distribution des connaissances inscrit l’architecture au sein de l’économie sociale et la rend désormais accessible au plus grand nombre. « Go Amateur » !

Second principe clé mis en avant par Parvin, la taille. Il est nécessaire de sortir de l’ère industrielle et de ses constructions gigantesques qui sont encore aujourd’hui l’apanage des grands groupes auprès de qui on se décharge de l’ des espaces urbains. Et comme la morphologie suit la forme financière, la plupart du temps on aboutit  à une architecture massive et impersonnelle. Alors que si l’on suit le deuxième précepte de WikiHouse « Go Small », les villes porteraient les valeurs des personnes qui les construisent, ce qui permettrait par ailleurs de repenser l’organisation des villes et les modes de planification.

Dernier principe : « Don’t Build » ! Arrêter de penser que les solutions aux problèmes architecturaux passent toujours par la construction. Aujourd’hui, le bâtiment est la solution la plus coûteuse à n’importe quel problème architectural. D’autres alternatives existent ; ré-envisager l’architecture d’intérieure d’un bâtiment ou son design, se présentent comme d’éventuelles possibilités pour repenser les conditions d’un bâtiment. « Il est nécessaire de sortir du paradigme du produit de consommation » préconise Parvin.

Ainsi le WikiHouse propose un accès à une bibliothèque en ligne de modèles 3D partagés que l’on peut télécharger et adapter à l’infini. Une fois le modèle fini, SketchUp transforme le projet en fichier de coupes qui seront ensuite imprimées et découpées par une CNC. La maison est en kit, il ne reste plus qu’à l’assembler.

Une fois le châssis assemblé, libre au constructeur de l’aménager, rajouter fenêtres et isolant, peindre ou y adjoindre d’autres modules. « La maison n’est jamais finie » targue l’. Ce mode de développement permet d’envisager un tout autre rapport à l’environnement construit, désormais pris en charge par l’habitant.

Ce modèle simplissime de production et de construction architecturale s’inscrit pleinement dans les dynamiques urbaines contemporaines puisque les villes qui croissent le plus à l’heure actuelle à travers le monde sont les villes dites informelles.

Pour Parvin, son modèle reflète une conception renouvelée de l’architecture vernaculaire, « il ne faut pas oublier que c’est comme ça que l’on construisait avant la révolution industrielle ». Il s’agit de « ne pas réinventer la roue à chaque fois et de ne pas hésiter à utiliser ce qui fonctionne pour l’adapter à ses propres besoins. Copier c’est bien ! « 

À propos Rémy Vigneron

Titulaire d'un master d'urbanisme (IUG),actuellement en thèse d'architecture sur la figure du périurbain durable.

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