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Salt Lake City : égérie des ateliers collaboratifs New Urbanism

La semaine dernière a eu lieu à Salt Lake City, capitale de l’Utah aux Etats-Unis, le 21ème Congrès pour le New Urbanism. Ce réseau d’architectes et d’urbanistes mené à l’origine par Andrès Duany, Elizabeth Plater-Zyberk et Peter Calthorpe, dénombre aujourd’hui plusieurs milliers d’adhérents. 1 200 professionnels en provenance des Etats-Unis, d’, d’ et de ont fait le déplacement à Salt Lake City pour continuer de construire ce mouvement qui se dresse, d’après Ellen Dunham-Jones,  de plus en plus comme l’antithèse des CIAM.

CNU 21

CNU 21 : Living Community. Crédits photo : Congress for New Urbanism

Le New Urbanism se reconnait dans le refus de l’étalement urbain – urban sprawl – et s’implique dans l’ néo-traditionnelle et la création de quartiers autour de en commun de masse. Ses théoriciens prônent un changement de paradigme dans lequel on passerait d’une ville concentrée sur ses fonctions à une ville qui privilégie la forme comme mécanisme pour attirer les investissements. Au-delà du refus de l’étalement urbain, ce mouvement vante les vertus d’une ville compacte, dense et mixte tout en cherchant à résoudre les conséquences liées à l’acceptation unanime des préceptes modernistes.

Si ces principes ressemblent étrangement aux recommandations de la loi SRU, le processus pour atteindre un éventuel stade de développement urbain durable est quand à lui bien plus évolué outre-atlantique. En effet, les New Urbanist s’appuient sur des «  charrette » pour renforcer l’acceptation grand public des projets urbains qu’ils mettent en œuvre. Ces ateliers collaboratifs sont en complète opposition avec l’ conventionnel top-down. Bottom-up donc, et procédé holistique puisque les habitants mais aussi les associations de commerçants et autres acteurs du territoire sont conviés pendant une semaine complète à dessiner le futur de leur quartier, ville ou métropole.

Certains trouvent à redire sur ce procédé, en effet, difficile de croire que l’on puisse vraiment intégrer tout le monde. Bill Lennertz, directeur du National Charrette Institute, approuve : « on ne peut malheureusement jamais s’adresser à la communauté tout entière, certaines personnes enchainent deux ou trois métiers pour pouvoir vivre, les jeunes actifs travaillent la journée, mais nous essayons de trouver un endroit sur le terrain du pour installer l’atelier de la charrette donc à proximité des gens et puis nous utilisons de plus en plus les médias sociaux…« .

Envision Utah a saisi cette idée et mis en place un référendum à la suite d’un processus participatif inédit. Cette association dont le but est « d’engager les gens à créer et à soutenir le futur de leur communauté » a réuni plus de 200 charrettes depuis 1997 dans l’unique but de dresser des scénario de développement pour l’Utah. L’idée d’origine était non seulement d’informer sur les possibilités de développement mais aussi de permettre aux habitants de se rendre compte qu’ils font parti d’un système plus large, où les questions de développement sont une question d’équilibre.

Pour Ellen Dunham-Jones, ces charrettes ont permis de mettre en place une structure de complètement différente grâce à une ouverture d’esprit sur l’ensemble de la région. Elle se souvient qu' »à l’origine tout le monde voulait des pavillons dans leur quartier et regardait la comme le mal absolu mais lorsque les habitants posaient le regard sur la carte ils comprenaient à quel point la pouvait être un plus en termes d’aménités« .

Début 2000, quatre grands scénari émergent des ateliers collaboratifs, ils sont mis en ligne et largement diffusés par la presse locale. Ces scénari sont finalement soumis à un vote par référendum. A la fin du scrutin, 17 000 personnes ont voté en ligne pour choisir le futur de leur région, préférant le scénario préconisant le second niveau de densité.

Charette

Présentation de la feuille de route d’une Charrette par l’un des membres d’une équipe, à Washington en mai 2013. Crédits photo : NCI Formation

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Pour en savoir plus sur le déroulement des charrettes, vous pouvez suivre un de ces ateliers collaboratifs mis en place par les New Urbanist à Prince Frederick dans le Maryland sur Route & Land, le blog de l’auteur de cet article.

À propos Rémy Vigneron

Titulaire d'un master d'urbanisme (IUG),actuellement en thèse d'architecture sur la figure du périurbain durable.

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