Dans la rua da Reboleira, seuls huit logements sont encore habités. Crédits photo : Mathilde Gérard / Le Monde
Guido, Ingrid, Filip, Eva et Cristina, cinq architectes venus d’Italie, de Norvège, de Serbie et du Portugal, examinent les poutres, inspectent les fenêtres et étudient les volumes. Ils ont deux mois pour définir un projet de réhabilitation, appuyés par une équipe d’ingénieurs tout juste diplômés. Depuis plusieurs mois, le jeune architecte José Paixao, à l’origine du projet Arrebita! Porto avec deux autres amis travaillant dans le bâtiment, veut prouver qu’une rénovation ambitieuse, efficace et à coûts minimes est possible.
Un modèle économique qui devra faire ses preuves
Arrebita! Porto a reçu en juin 2011 un prix de la fondation Calouste Gulbenkian, doté de 50 000 euros, qui a permis de lancer le projet avec un capital de départ. Seul José Paixao est salarié, mais l’initiative s’appuie sur un réseau de correspondants bénévoles, notamment dans les facultés de Porto, qui participent au projet. Arrebita! prévoit de s’autofinancer par plusieurs biais : en vendant des espaces publicitaires sur les façades des immeubles en cours de rénovation, en organisant des ateliers de techniques de restauration (menuiserie, électricité…) auxquels les Portuans peuvent prendre part moyennant participation, et enfin, une fois la rénovation terminée, en prenant un petit pourcentage des loyers pour assurer le fonds de roulement du projet.
Un réseau d’ « ambassadeurs » fait connaître le projet à l’étranger. José Paixao reçoit tous les jours des candidatures d’architectes et ingénieurs pour participer à l’initiative. Une sélection est donc opérée pour composer les équipes qui se relaient sur le chantier.
- Plus d’informations sur le site d’Arrebita! Porto
- Le quotidien portugais Publico a par ailleurs prévu de suivre l’évolution du chantier de la rua da Reboleira. Il diffusera régulièrement sur son site Internet des vidéos des travaux.










