Nouvelles mesures pour les mal-logés

On le sait, au problème des sans-abris en France , soit 86 500 personne au dernier recensements de l’INSEE (recensement que l’on sait très difficile), s’ajoute le problème moins médiatisé mais préoccupant des mal logés, c’est à dire environ 3,2 millions de personnes en 2006 (d’après la fondation Abbé-Pierre), dont les conditions de vie et d’hygiène sont bien souvent préoccupants.

Dans ce contexte difficile, le secrétaire d’état au logement, Benoist Apparu, a proposé cette semaine une série de 20 mesures destinées à encadrer, aider et à améliorer les conditions de vie des sans abris comme des mal logés, le tout sur deux axes principaux : la mise en place d’un service public de l’hébergement, et l’accès au logement.

Quelles mesures pour quels objectifs ?

Avant d’analyser et d’essayer de comprendre la portée de ces propositions, le mieux reste encore d’en prendre conaissance :

Proposition 1 : mettre en place un service intégré de l’accueil de l’évaluation et de l’orientation des personnes sans-abri ou risquant de l’être dans chaque département
Proposition 2 : assurer un maillage territorial par les équipes mobiles en lien avec le secteur sanitaire
Proposition 3 : mettre en place un référent personnel pour chaque usager tout au long de son parcours
Proposition 4 : améliorer les processus d’admission dans les hébergements et le logement, vers plus de transparence et de mutualisation
Proposition 5 : mettre en place un outil informatique pour recenser les demandes et les offres d’hébergement
Proposition 6 : mettre en œuvre une organisation et une programmation territoriales dans le cadre des Plans départementaux d’accueil, d’hébergement et d’insertion
Proposition 7 : harmoniser les prestations et les coûts dans les structures
Proposition 8 : produire des référentiels nationaux définissant les objectifs et les modalités de l’accompagnement social vers et dans le logement et de la gestion locative adaptée des logements
Proposition 9 : renforcer l’accompagnement vers et dans le logement
Proposition 10 : clarifier les responsabilités des acteurs locaux dans l’accompagnement vers et dans le logement et dans la gestion locative adaptée
Proposition 11 : poursuivre la territorialisation de la production dans le cadre des dialogues de gestion avec les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL)
Proposition 12 : poursuivre le développement de l’offre de logement d’insertion et le soutien à la maîtrise d’ouvrage d’insertion
Proposition 13 : réaliser une étude à visée opérationnelle, en lien avec les opérateurs concernés, sur les freins et les leviers de l’intervention des bailleurs sociaux et des associations agréées sur des petites opérations diffuses
Proposition 14 : mettre en place l’ensemble des commissions départementales de coordination des actions de prévention des expulsions
Proposition 15 : mener des expérimentations d’intermédiation locative dédiées à la prévention des expulsions
Proposition 16 : mettre en place un groupe de travail pour prévenir le plus en amont possible les expulsions locatives
Proposition 17 : sécuriser la relation bailleur/logeur/locataire
Proposition 18 : réaliser une étude à visée opérationnelle, en lien avec les opérateurs concernés, sur les freins à l’accès au logement
Proposition 19 : mobiliser de manière effective le contingent préfectoral et celui du 1%
Proposition 20 : mobiliser le contingent propre des collectivités locales et des bailleurs sociaux

Les réactions à chaud

Comme on le constate, beaucoup de bonne volonté dans ces mesures, mais une constante demeure, c’est le sentiment de déjà-vu; en effet, la plupart des mesures traduisent directement des constats faits depuis longtemps: le manque de clarté dans les rôles de chaque acteur, le manque d’accompagnement, un manque d’harmonisation des coûts, le manque d’outil informatique et gestion, bref, des problèmes connus depuis longtemps et qui n’ont pas attendus ces propositions pour être soulevés.

Néanmoins, il est rassurant de voir que ces problèmes ont été entendus, reste à voir de quelle manière ces propositions vont se concrétiser dans les faits. L’idée de créer de nouvelles commissions n’est de plus pas là pour rassurer quant à la complexité de la situation, et nombreux sont ceux pour qui l’expérience du Dalo reste douloureuse.

Dernier bémol que l’on pourrait apporter à ces propositions : le manque de volontarisme en ce qui concerne le logement en lui-même. A l’heure ou l’objectif de part de logements « sociaux » (ce qui ne veux pas pour autant dire accessibles à tous) dans le bâti n’est que de 20%, un effort de ce côté là aurait été appréciable.

Source : batiactu / crédit photographique : Le Point

A propos de l'auteur
Cofondateur et rédacteur d'Urbanews.fr. Je suis également Diplômé de l'Institut d'Urbanisme de Lyon (Master 2 Politiques Urbaines) et actuellement étudiant à l'INSA Lyon en Mastère Spécialisé Management Environnemental et Eco-Efficacité Énergétique.
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